Archives pour la catégorie Commentaires-Emotions

le dernier voyage de Jean François àl’îlet le père.

DSCF3397

Lorsque  j’ai pris la mer ce matin, j’avais le cœur gros. Je n’étais pas le seul. J’étais comme les amis de Jean- François, comme ses enfants tristes et fiers de l’accompagner  une dernière fois.

J’ai  pourtant aimé cette lente procession lorsque les bateaux ont quitté  Dégrad des Cannes, sur cette mer de Guyane, si calme  aujourd’hui. Nos  bateaux filaient sur l’eau tranquillement, en silence, sans  troubles visibles parmi les équipages. Si le ciel se montrait bas  et lourd, celui-ci conservait pour ce dernier voyage la retenue  qu’il convenait, gardant ses larmes de pluie de saison pour  après.

J’ai  pensé à lui durant ce voyage. Je me suis souvenu du premier jour ou  je me suis inscrit à l’APPG. Jean François en était le  secrétaire. C’était la première personne qui m’a  accueilli au sein de l’association et qui m’a  présenté aux autres membres. Il prenait son rôle très au sérieux, il était très chaleureux.

Je  débutais, je ne connaissais pas le surf casting, il m’a aidé  de ses conseils bourrus, j’ai résisté, je crois qu’au  final en plus de la pêche, nous nous sommes appréciés. Sur  Philmax avec Gilles Viot comme Capitaine nous avons fait deux  saisons mémorables de pêche en mer. Nous sommes sortis ensemble les
soirs de remises des prix à la « Kampagne » et ce qui se  passait la bas restait la bas.

J’ai  compris aussi avec lui pourquoi je n’étais fait pour  l’épreuve des 24 H de surf casting organisé 1 fois par an par  le club. J’ai même détesté lorsque il m’obligeait à  changer mes crevettes sur les Hameçons toutes les 10 minutes à 4 H  du matin lorsque j’ai fait équipe avec lui.

Souvent  aussi il m’a invité chez lui avec son épouse Béatrice. Souvent il passait me voir aussi à la station. Souvent aussi nous  nous sommes opposés, disputés, réconciliés. Souvent il me parlait
du Sénégal, de ses revers de fortune, de ses joies aussi. De ses  espérances. Le tout était souvent exprimé avec conviction, force,  caractère. Je pourrais aussi dire avec truculence, passion,
obstination, mais toujours avec beaucoup de chaleur, beaucoup  d’humanité.

 Maintenant  les bateaux sont arrivés à l’Ilet le Père. Jean François est
à destination. 
Les bateaux se rassemblent autour de  son dernier bateau  piloté par Lapin. Le ciel ouvre ses  nuages, comme un hommage. Tous nous regardons filer les cendres  déversées de Jean François dans la mer par son fils et sa fille  comme il l’avait souhaité pour continuer à naviguer, pêcher  et être vivant parmi nous. Les fleurs rouges déposées dans  l’eau  lentement dérivent, pour  l’accompagner.

Et puis nos bateaux s’amarrent tous ensemble. Jean- François est parmi nous, lorsque les pâtés du Sud Ouest, le jambon, les rillons au piment d’Espelette, le pain, les petites  bières, le vin se voient proposer aux amis. Quelques discussions  s’engagent, quelques sourires s’esquissent. Nous sommes  je le croie, bien d’être tous ensemble, ici face au Père,  comme un symbole. Nous allons vivre bien entendu, nous allons  continuer de râler, de  rire, de  chanter, de pêcher sans Bordille certes mais sans  l’oublier c’est sûr.

Des algues, des algues !!!!!

Blog de pecheursenguyane :Pêcheurs de Guyane, Des algues, des algues !!!!!

Depuis quelques temps des algues nombreuses, denses, forment des
bancs en mer et s’échouent le long de nos rivages, le long de
nos plages.

Si ce phénomène qui tend à se renouveler depuis quelques années
demeurait relativement anecdotique, il semble qu’en cette
année 2015, la présence des algues soit plus dense tant en
importance qu’en terme de durée sur nos côtes.

Cette présence d’algues en sus d’altérer la beauté
de nos bords de mer a des conséquences économiques pour les
pêcheurs côtiers professionnels qui se trouvent confrontés à de
nombreuses difficultés lors des poses et des remontées des filets,
les conséquences indues provocant la raréfaction du poisson aux
étals de nos marchés.

Nombreuses sont les questions sur la provenance de ces algues.
Certains les qualifient d’algues Sargasses, ce qui est peut
être vrai en ce qui concerne le type et les caractéristiques mais
fortement improbable. du fait de la position de la mer des
Sargasses et des courants de l’atlantique au regard de la
position de la Guyane, ce qui laisserait à supposer que les
courants marins soient inversés.

D’autres suivant une hypothèse plus scientifique tendent à
démontrer que ces algues verraient leur développement être favorisé
par le rejet de nombreux nitrates dû à l’intensification de
la déforestation et de l’agriculture au Brésil.

Quoiqu’il en soit ce qui semble certain. c’est que
ce phénomène n’est pas prêt de cesser, démontrant que
l’impact d’actions humaines sur la nature provoque
irrémédiablement une chaîne de ricochets dont nous ne pouvons que
constater sans pouvoir l’anticiper les résultats.

En ce qui nous concerne, nous les pêcheurs de Guyane, nous qui
aimons tant pêcher le long de nos plages, dans nos anses,, nous qui
pêchons « à la ligne » nous ne sommes pas trop impactés
par ce problème, sauf à la remontée de nos cannes ou par la dérive
des bancs lorsque celle ci sont posées.

En fait impuissants, nous nous ne pouvons que nous interroger
sur les impacts de la présence de ces algues sur nos copains les
poissons, sur les conséquences qu’auront ces symptômes sur
l’équilibre général de leur santé, de leur présence.

Les réponses nous les auront dans quelques temps.
Souhaitons-nous, souhaitons à cette faune halieutique
extraordinaire de Guyane que la sentence qui interviendra au fil
des années ne remette pas en cause les équilibres que la nature à
sa création, dans son évolution avait su préserver.

Dossier Mer en Guyane

Blog de pecheursenguyane :Pêcheurs de Guyane, Dossier Mer en Guyane

Quelquefois on peut se demander comment l’évidence peut
sur certains points nous échapper.

Nous les pêcheurs de Guyane en général nous sommes sensibles à
la qualité de notre environnement, à la préservation des richesses
naturelles de notre région.

Je suis moi même souvent à l’affût d’informations
concernant l’évolution des techniques de pêche, des matériels
utilisés destinés à la capture de tel ou tel poissons. Mes
oreilles, mes yeux traînent souvent dans les recoins des
conversations ou des options prises par tel ou tel concernant un
aspect technique, ludique, décisionnel concernant nos rivières,
notre mer de Guyane.

Et pourtant la sous nos mes yeux depuis presque 3 mois je
m’étais pas rendu compte du dossier traité par
l’excellente publication «  Une saison en Guyane »
dans son Dossier Spécial Océan.

Ce dossier d’environ une quarantaine de pages avec des
photos sublimes, consacre une partie de sa rédaction à la contre
offensive mené par l’Etat en mer contre la pêche
illégale.

J’ai ainsi appris qu’un poisson comme l’Acoupa
n’est plus vraiment recherché, pour ses qualités gustatives
pour être revendu sur les étals des marchés clandestins ou chez nos
voisins Brésiliens ou Surinamiens. En fait l’acoupa est
illégalement pêché pour ses vessies natatoires qui rapportent plus
que le poisson lui même, celles ci pouvant se négocier aux
alentours de 200 Dollars le kilo au Suriname par exemple.

Dans quel but l’article ne le précise pas, sauf à me
laisser imaginer encore une fois, une poudre de corne de rhinocéros
pilé permettant d’améliorer les performances masculines
sexuelles alors qu’il est si facile de le faire lorsque on
est amoureux. Enfin …..

 Le magazine est en vente encore pour quelques jours. Il
faut en profiter,  d’autres sujets sont traités. Le lien
est en ligne sur ce blog dans mes favoris.

Une application pratique

Blog de pecheursenguyane :Pêcheurs de Guyane, Une application pratique

Certes ce n’est pas l’application du siècle que ce
soit sous Android ou IOS .

Cependant à l’époque ou nous utilisons tous un smartphone, même
à la peche, je vous conseille de télécharger ( gratuitement)
 cette application car elle a le mérite d’être développée
spécialement pour la Guyane,en Guyane.

Les marées sont celles à l’heure du Port du Larivot et au final
on a en permanence rapidement les horaires de celles- ci. Dommage
cependant que les coefficients ne soient pas précisés.

   

2 recordmen du monde dans le même club

Blog de pecheursenguyane :Pêcheurs de Guyane, 2 recordmen du monde dans le même club

Il
ne doit pas y
 
avoir beaucoup de clubs de pêche
dans lequel deux de leurs membres détiennent un record du
MONDE.

2 records
du monde que je trouve personnellement ici trop peu médiatisés,
trop peu célébré. Il s’agit pourtant de l’homologation
d’un record concernant le poisson à écailles le plus reconnu,
le plus prisé, le plus apprécié ici sur nos côtes l’Acoupa
Rouge.

Peut-être
est ce dû au sens de la retenue de nos 2 pêcheurs ?

Ou
tout simplement
 
par respect de l’adage
populaire qui conseille de vivre caché pour vivre heureux
ou
  alors plus simplement par crainte que
l’endroit des deux captures ne soit
dévoilé.

Un peu des
deux certainement. Alors je me contenterai de préciser que ces deux
magnifiques Acoupas se font fait attraper à la ligne, en mer au
large de Cayenne, à bord d’un bateau, autour des
îlets.

Ces deux
poissons d’un poids respectif de 20 et 21 kilos constituent
les deux records homologués par l’IGFA ( Fédération
internationale de pêche de loisirs ), qui ressence suivant des
procédures très contraignantes les records qui lui sont
confiés.

Les
2 pêcheurs de notre Club sont les deux Eric.
Eric Ribas, Eric Courgeau. Tous deux sont particulièrement connus ici
puisqu’ils fréquentent assidûment les concours de pêche de
bord ou en bateau, qu’ils vivent pour la pêche, qu’ils
sont un peu en fait des lignes, des hameçons, des
moulinets. .…

 L’histoire
retiendra que le premier détenteur le premier champion Eric Ribas
s’est fait déposséder de son record par Eric Courgeau à
quelques mois d’intervalle un peu comme l’élève dépasse
le maître.

Leur
assiduité, le plaisir qu’ils éprouvent à sortir en mer, a dû
plaire à Neptune. Celui ci a dû les trouver sympathiques. Neptune a
voulu les récompenser en leur offrant un peu de célébrité, et
beaucoup de joie intérieure.

Alors plus
modestement, puisque je ne suis pas Neptune, je me permets moi
aussi d’apporter ma contribution, mes félicitations aux 2
pêcheurs de notre club, qui nous aident un peu aussi à être
meilleurs, pour un jour devenir champions du monde, réaliser comme
un rêve sa légende personnelle.

3 jours à Saint Joseph

Blog de pecheursenguyane :Pêcheurs de Guyane, 3 jours à St Joseph

C’est une chance de pouvoir passer 3 jours sur
l’île de St Joseph juste après le carnaval qui finissait
mi-février cette année, comme j’ai pu le faire.

L’île de St Joseph ou île du silence tant les
conditions de réclusion y étaient difficiles pour les prisonniers
tenus de ne pas communiquer entre eux, bénéficie d’un
programme de réaménagement du site qui permet de biens agréables
promenades, de vues imprenables sur l’océan. Les
contemplations de la mer déchaînée se fracassant sur les rochers
sont saisissantes.

Les
plongées dans les bas fonds d’une histoire pas si ancienne
est possible par des visites libres des cellules des bagnards,
d’un cimetière abrité par des cocotiers au bord d’une
plage de coquillage qui permet de passer sa mort en vacances comme
le disait G Brassens en parlant de celui de la ville de
Sète.

Bien
entendu autour de l’Ile de St Joseph il est possible de
pêcher comme partout autour des îles du Salut.

Il faut
bien le reconnaître le mois de février n’est pas la meilleure
période, tant les conditions de mer ne sont pas favorables. La
pêche en bateau n’est guère recommandée  pour les
plaisanciers, et hormis un bateau de pêche professionnelle, je
n’ai vu personne sur l’eau. Il faut dire aussi que ces
3 jours étaient des jours de fortes marées.

A
titre presque d’anecdotes tant je suis révulsé par ces
actions de pêche qui devraient être interdites, le bateau
professionnel a pris 5 mérous de taille moyenne ( entre 40
et
  60 Kilos ) qu’il a laissé à la corde une
partie de la journée avant de s’en retourner vers Kourou. La
photo illustrant l’article n’est pas excellente mais je
peux vous assurer qu’ils y étaient.

En ce qui
nous concerne, nous nous sommes rabattus sur une pêche de bord.
Bien entendu nous avons taquiné le rouget le long des roches ou de
façon plus confortable le long du ponton d’accès.

Nous
avons eu en supplément des rougets, l’agréable surprise
d’avoir en nombre important, des touches de poissons lunes
(
  Photo en illustration de l’article ) Sur du
matériel léger comme le matériel utilisé pour le rouget, ces
poissons sont très amusants à capturer leur défense étant pour le
moins dynamique, faite de coup de tête entraînant le bas de ligne
vers la profondeur de rush bref et dévastateur.

Ces
poissons lunes ne nous ont pas permis de la décrocher, mais en
revanche nous ont bien distrait, les acoupas, tarpons, et autres
poissons n’étant pas présent du bord à cette époque de
l’année.

Pendant ces 3 jours, vous trouverez le lien sur le site
de l’APPG a eu lieu aussi le tirage au sort du 2 éme concours
de l’année 2015 qui aura lieu le 1
ermars
sur la plage de l’Oasis. Nous serons 58 pêcheurs de Guyane,
soit 3 pêcheurs de plus que lors de la première manche. Ca
promet !!!!

Enfin le
dynamique groupe Face book « pêcheurs de Guyane » fort de
ses 641 membres dont certains sont maintenant membres de
l’APPG, est en train d’élaborer la construction
d’un logo fédérant l’ensemble des pêcheurs. C’est
une initiative symbolique, sympathique que je soutiens qui
démontrer le succès croissant de notre activité ici en
Guyane.

Une enfance vapore

Blog de pecheursenguyane :Pêcheurs de Guyane, Une enfance évaporée

 J’imagine que les pêcheurs de Guyane non
pu s’empêcher de suivre les événements tragiques de
Paris.

Ils ont du ressentir j’en suis sûr de la
stupeur, du dégoût, de l’incompréhension, Au delà peut être
se sont ils posés la question absurde de la destinée de ces
terroristes si ceux ci s’étaient passionnés pour la pêche, les
poissons.

En ce qui me concerne, l’annonce de
l’assassinat des dessinateurs de Charlie Hebdo a anéanti les doux
souvenirs de mon enfance. Cette enfance passée dans une petite
ville de Province ou coulait une rivière comme dans beaucoup de
village de France, était bien paisible.

Mes camarades, étaient de toutes horizons.
Jamais dans nos échanges, nous n’évoquions la religion. Nous étions
davantage porté dans nos exaltations à vouloir reconstruire le
monde, à le rêver harmonieux, espiègle, joyeux.

En ce temps là, c’est mon Grand Père qui
m’amenait à la pêche. Comme beaucoup de Grands- Pères de l’époque
qui avaient vécus la seconde guerre mondiale, il était un petit peu
anarchiste, un peu indien comme il aimait à se
qualifier.

Celui-ci savait prendre le temps pour me
former au montage des hameçons, à l’équilibre des lignes. Nous
pêchions au coup bien entendu, et il arrivait que l’attente des
touches soient un peu longue pour l’enfant que
j’étais.

Alors mon Grand Père m’entretenait de son
expérience, de ses engagements, de sa philosophie. Il me disait
bien souvent qu’il fallait faire les choses sérieusement sans
jamais se prendre au sérieux. Et pour le manque de sérieux, il s’y
connaissait.

C’est lui qui m’a parlé pour la première
fois je crois au bord la Vienne à l’ombre, un été de Cabu,
Wolinski, mais aussi de Cavanna et Choron.

Il m’amenait ensuite au coin presse
d’un petit café de campagne. Je pouvais alors qu’il prenait son
gorgeon discrètement feuilleter les pages de Pilote et rire avec le
Grand Duduche.

Discrètement, je lisais aussi Hara Kiri,
parce que je découvrais pour la première fois l’impertinence, la
contestation de l’ordre établi avec des dessins féroces, mais
tellement drôles. J’avais l’impression de voler, d’être déjà
grand , d’être libre.

Ces souvenirs sont salis pour rien, pour
un combat inutile. Mahomet que je ne connais pas n’a pas pu
cautionner. Mahomet aurait du leur dire vraiment d’aller à la
pêche.

C’est pour cela que je suis
Charlie.