Mérous: Les préconisations des scientifiques 2eme partie

Blog de pecheursenguyane :Pêcheurs de Guyane, Mérous : Les préconisations des scientifiques ( 2eme Partie )

2eme Partie : Mérous les
solutions possibles déjà préconisées par les scientifiques ou les
Associations.

 Il
s’est écoulé plus de 3 semaines depuis la parution de mon
précédent article. J’ai consacré ce temps. Durant cette
période et sans qu’au final je me montre plus pro-actif que
d’habitude, j’ai pu visionner une vidéo prise sur le
ponton de Kourou, vidéo ayant pour objet le déchargement de plus de
quinze mérous géant de Guyane capturés en une journée par le
seul pêcheur professionnel.

Cette vidéo est en ligne sur Facebook et circule
facilement impunément. Je refuse de mettre ce lien en ligne tant je
suis dégouté.

J’ai aussi profité de ce temps pour me
replonger avec beaucoup d’attention sur les solutions
préconisées dans un premier temps par Celine Artero dont voici
quelques extraits puis sur les solutions de l’Association
Mauoiri Nature.

 En sus ci
joint dans un premier temps une vidéo ayant trait à l’étude
de Celine Artero pour ceux qui ne connaissent
pas

http://www.dailymotion.com/video/x21605c_objectif-merou_anim

Ensuite le lien vers l’article paru le 6
février 2015 de l’association Maouiri nature au sujet de la
réglementation à envisager.


http://pecheursenguyane.sportblog.fr/1680633/Projet-de-reglementation-de-Peche-de-loisirs-sportive-et-professionnelle/

 

…..
( extrait thèse de Celine Artero ) Les mérous
géants de Guyane sont âgés de 1 à 17 ans avec une moyenne de 4,2
ans.(……..)

……….Les effets de la pêche
commerciale et récréative sur cette population
restent
inconnus,
cependant les chiffres montrent que la mortalité des mérous géants
de Guyane
est plus
élevée que celle d’autres espèces de
mérou.

 À l’impact de
ces deux types de pêche s’ajoute fort probablement une
importante pression de pêche illégale de navires venant du Brésil
(où le mérou est totalement protégé) et du
Suriname

Au vu de ces résultats, il pourrait être
nécessaire de protéger les vieux individus de Guyane. Cependant, si
l’absence de grands individus est la conséquence d’une
migration ou d’une mortalité par pêche, les conclusions
divergent.

Les
individus de grande taille (>170 cm), supposés matures, étaient
plus fréquemment reportés par les pêcheurs il y a 20 ans. Cela
pourrait signifier qu’il y a une perte de grands individus de
nos jours par rapport à 20 ans auparavant.

En prévention
d’un déclin trop fort des populations sans individus matures,
une

taille limite de
capture pourrait être fixée afin de protéger les individus âgés de
plus de 6
ans. La taille moyenne des individus âgés de 6
ans étant égale à 146 cm, une taille
MINIMALE de capture fixée à 150 cm
paraît raisonnable dans un premier temps.

(……………………)
L’analyse des pêches d’un pêcheur
professionnel depuis 1990 a montré une chute des taux de capture
par unité d’effort à partir de 1994, soit quatre ans après le
déclin des stocks de mérous géants au niveau mondial. Cela souligne
à nouveau le lien existant entre les populations de mérou géant du
Brésil, de Guyane et des sites plus au nord

jusque dans
le golfe du Mexique. Les captures par unité d’effet remontent
en 2007 et
semblent stables depuis cette date, mais cela reste 2,5
fois moins élevé qu’en 1990. ( …..)

La
détermination de l’âge d’environ 200 individus
n’a pas été suffisante pour évaluer
avec
précision le stock de mérous géants en Guyane mais a
mis
en évidence le manque
de vieux individus (matures). Il semble nécessaire de protéger cette catégorie de
mérou
géant même si les raisons ou les facteurs
expliquant leur absence dans la population
restent
inconnus (surpêche, migration). Cela semble d’autant plus
nécessaire que la
réserve
naturelle de l’île du Grand Connétable, n’est pas
suffisante pour garantir le
maintien de
la population des mérous géants en Guyane, les grands (et vieux)
individus
y étant absents.
La mise en réserve des Battures du Connétable est à
envisager, cet
habitat présentant une plus grande capacité
d’accueil pour les grands individus.

Quelles sont
les conséquences de la pêche sur la population de mérous géants
de
Guyane française
?

La pêche
va impacter en premier lieu les grands individus. Une sur-pêche de
la

population
de mérous géants en Guyane française engendrerait alors la
disparition des
individus adultes de la population. Cela aurait comme
conséquence une non
reproduction des mérous géants au niveau local ou
diminuerait le nombre d’individus
atteignant la maturité
sexuelle ce qui ferait baisser le flux migratoire vers les sites
de
reproduction. Le maintien de la population de mérous
géants de Guyane française
pourrait être uniquement lié au succès de
la reproduction de l’espèce au nord du Brésil.

La pêche
locale impacte également l’abondance des juvéniles autour des
sites
rocheux puisque, la réserve naturelle, où l’effort
de pêche est moindre, abrite quatre fois
plus d’individus
qu’ailleurs.

Cependant,
l’interdiction de pêche à la réserve naturelle de l’île
du Grand
Connétable n’est pas respectée et
l’impact de la pêche peut y être extrêmement fort.
En
effet,
l’abondance de mérous géants y est tellement élevée
qu’un pêcheur peut prélever
plus de 25 % du stock en une seule
journée de pêche. Il suffirait donc que
quatre
pêcheurs illégaux aillent pêcher une fois au cours
de l’année dans la réserve pour
décimer la population
présente. La population de mérous géants à la réserve est
donc
extrêmement vulnérable à la pêche.

D’ailleurs en 2012, la présence d’un seul
filet pendant quelques jours a suffi à
impacter fortement cette
population. Le nombre de mérous géants capturés lors des

pêches
scientifiques qui ont suivi cet évènement ayant été nulle
jusqu’à la migration des
juvéniles provenant des mangroves vers les
sites rocheux en septembre.

 Quelle régulation de pêche des mérous géants
mettre en place en Guyane française

?

 Faire
respecter l’interdiction de pêche dans la réserve naturelle
de l’île du Grand

Connétable.
La
sensibilité de la population des mérous géants à la pêche étant
très forte, il
apparaît impératif de faire respecter
l’interdiction de pêche au sein de la réserve

naturelle de
l’île du Grand Connétable. La surveillance de la réserve doit
être améliorée
avec la présence des autorités compétentes de nuit et
pendant les week-ends.
Parallèlement à cela, si les pêches scientifiques
continuent, il serait souhaitable de
prélever de façon
systématique les rayons épineux de tous les individus, ce
qui
permettrait de reconnaître les poissons provenant de la
réserve lors des contrôles des
débarquements, en interdisant
l’ablation des nageoires dorsales aux pêcheurs

professionnels et récréatifs avant l’arrivée à
terre. Les contrôles au niveau des sites de
débarquement devraient
également se multiplier, les bateaux de plaisance partant

principalement du port de Degrad des cannes et les
pêcheurs professionnels de la crique.

 Mettre en réserve les
Battures du Grand Connétable

L’île du Grand Connétable étant une petite île,
l’espace y est insuffisant pour le
développement en grand
nombre des mérous géants juvéniles et adultes. La réserve

naturelle
marine actuelle ne semble pas fonctionner efficacement pour le
maintien et le
développement des grands individus, potentiellement
matures. Les deux plus grands
individus pêchés entre 2010 et 2013 se
trouvaient aux Battures du Connétable, à 6
milles de la réserve. Ce
site rocheux immergé de 1 km² serait l’espace rocheux
naturel
principal à mettre en réserve pour la conservation des
mérous géants en Guyane. Ce site
étant par ailleurs celui
où la biodiversité de poissons est la plus importante de
l’est
guyanais sa mise en réserve serait favorable pour la
préservation de la biodiversité marine globale de
Guyane.
La mise en réserve de ce site n’implique pas
d’interdire totalement la pêche, mais
pourrait être par
exemple, une zone de pêche régulée. La zone des Battures du

Connétable
n’est pratiquement pas visitée par les pêcheurs
professionnels locaux de
Guyane. Seul un pêcheur ligneur continue à
visiter ce site. L’interdiction de la pêche

professionnelle de ce site n’impacterait pas de
façon majeure le revenu des pêcheurs
guyanais. Des compensations ou une règlementation
particulière devront être mis en
place pour le pêcheur dont
l’activité s’en verrait diminuée.

Par contre, ce site est un haut
spot de pêche
sportive où certains pêcheurs récréatifs pratiquent déjà le
‘catch and
release’ c’est-à-dire le relâcher des
poissons. Les activités de pêche récréative pourraient

s’y
maintenir sous les conditions du relâcher obligatoire des mérous
géants et une
limitation de prélèvement d’autres espèces à
définir en concertation avec les utilisateurs
de cette ressource. De
plus, la mise en réserve des Battures du Connétable
permettrait
potentiellement le développement de l’activité du
tourisme de pêche en Guyane
française, la présence de gros prédateurs
combatifs attirant les pêcheurs sportifs du
monde entier. Ainsi, les
Battures du Connétable pourraient devenir le site pour

sensibiliser
les pêcheurs à la richesse marine de Guyane.

  • Imposer une taille maximale de
    capture des mérous géants en Guyane
    française

Parallèlement à cela, une taille maximale limite de
capture des mérous géants (150
cm) permettrait de protéger les grands
individus potentiellement matures. Cela
permettrait (1) de voir
réapparaître les grands individus signalés il y a 20 ans par
les
pêcheurs de Guyane et (2) d’accélérer le
repeuplement des autres zones de vie des
mérous géants (Trinidad
et Tobago, Antilles…), dans le cas d’une migration
sans retour
des individus mâtures de Guyane ou par l’apport de
larves transportées par le courant
nord du Brésil
jusqu’au Venezuela et les Antilles s’il y a une
reproduction au large de la
Guyane.

  • Suivre une stratégie de
    conservation internationale

Les captures de mérous
géants en Guyane suivent les
cycles d’abondance
des
mérous géants dans le monde. De plus, les populations de
mérous géants du Brésil et de
la Guyane semblent génétiquement liées, il
est donc impératif d’avoir une politique de

conservation
de cette espèce avec le Brésil. Depuis 2002, l’espèce est
totalement
interdite à la pêche au Brésil, cependant cette
réglementation sera rediscutée en 2015.

la pêche
devait reprendre cela pourrait impacter de manière conséquente la
population
de mérous géants de Guyane. Il apparait
nécessaire que la Guyane participe à la mise en place d’une
interdiction
totale de pêche des mérous géants
sur les sites de vie plus au nord ouest où cette
espèce
a disparu (Petites Antilles). En
effet, les fluctuations de l’abondance des mérous
géants
de Guyane peuvent influencer la recolonisation de
ces sites. La préservation du mérou
géant en Guyane passe
aussi par la préservation des sites vers où la ressource
guyanaise
migre. Le courant nord du Brésil met en relation tous les
écosystèmes marins du Brésil
au Venezuela et aux Antilles françaises,
il faut alors avoir une prise en charge des
espèces à un niveau
international et non à un niveau national. 
 Ainsi, la première chose à mettre
en place pour la conservation des mérous géants

en Guyane est une
réglementation sur une taille maximale limite de capture pour
les
pêcheurs professionnels et récréatifs. Il
faudrait dans un second temps commencer les

concertations avec les
pêcheurs sur la mise en réserve des Battures du Connétable
et
discuter des
activités autorisées ou non sur ce site et de leurs
modalités.

(……..) Cependant, il reste encore beaucoup d’axes de
recherche à développer afin de
comprendre le cycle de vie des mérous
géants en Guyane, et les recherches sur la
biologie et
l’écologie de cette espèce doivent perdurer. (
……….) 
Tout d’abord, il faudrait
s’intéresser aux zones de vie des mérous géants qui
n’ont
pas pu être étudiées durant cette thèse à savoir les
zones rocheuses à l’ouest (îlets
Dupont, Battures des
Malmanoury, îles du Salut) mais aussi et principalement les
zones
de mangroves (rivière de Montsinery, estuaire de
l’Approuague) afin d’y estimer le
nombre de mérous géants
présents, étudier la distribution de taille, déterminer l’âge
des
individus peuplant ces sites et calculer leur mortalité (
……… )
L’évolution du nombre de mérous
géants en Guyane française pourrait se faire par
caméra acoustique. Il
sera d’abord nécessaire de déployer des campagnes de
mesures
par une caméra acoustique mensuellement (pendant au
minimum deux ans) pour
confirmer le cycle de présence des mérous géants
mis en évidence durant cette thèse.

Par la
suite, le suivi pourra se faire à deux périodes de l’année
représentatives du cycle
annuel de l’espèce (en début de saison de
pêche, lors de la plus forte abondance des
mérous géants et fin
août – début septembre, et lors de la plus faible abondance).
Ainsi,
les tendances de hausse, de baisse ou de maintien de la
taille de la population pourront
être mis en évidence, ce
qui permettra d’ajuster la réglementation de la pêche
de
l’espèce si nécessaire.Ensuite, il est
nécessaire de comprendre les déplacements des mérous géants
entre
les différents sites de vie référencés de Guyane. Ainsi,
des campagnes intensives de
marquage devront être menées aussi bien
dans les mangroves (avec des tags spaghetti
de plus petite taille
pour les petits individus) que sur les sites rocheux. Cependant
au
préalable de cette étude, il sera indispensable
de renforcer l’implication des pêcheurs

professionnels et récréatifs dans ce type
d’opération. En effet, la participation
des
pêcheurs à ces études est extrêmement souhaitable,
sinon la campagne de marquage
dans sa
totalité sera remise en
cause 
 Pour
réussir à impliquer les pêcheurs, il faudrait dans un premier temps
multiplier les réunions informatives sur l’importance de
comprendre les déplacements des mérous géants au vu des premiers
résultats mis en évidence dans cette étude puis de développer les
campagnes d’affichage informatives.

Dans un second temps, il faudrait augmenter la
récompense offerte pour le
retour
d’information sur les tags et y inclure
également les pêcheurs récréatifs pouvant faire
des captures à la côte
et autour des sites rocheux.

L’implication
des pêcheurs est également indispensable pour
continuer l’étude sur
la biologie de la
reproduction des mérous géants.( ……..

Enfin,
pour vérifier la connectivité des populations, une étude génétique
de plus
grande ampleur devrait être menée entre le Brésil, la
Guyane et les mérous géants
présents dans les zones plus à
l’ouest. L’analyse des marqueurs mitochondriaux
devrait
être privilégiée pour étudier les liens de parenté entre
les populations. Un projet sur la
génétique des
populations devrait inclure des chercheurs des Antilles afin
qu’ils
puissent collecter des échantillons si un individu
s’installait dans leurs eaux. ( …..)

 Fin 2eme Partie ( à
paraître dans la 3eme partie les solutions immédiates à appliquer à
mon sens )

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